Reconnaître un scam : l’enquête + 15 signaux d’alerte

Reconnaître un scam : ce qui a changé (et pourquoi vous n’êtes pas “trop méfiant”)

Il y a dix ans, le scam “typique” ressemblait à un mail maladroit, parfois comique, souvent facile à repérer. Aujourd’hui, beaucoup d’arnaques ressemblent à des parcours clients : un SMS qui imite un transporteur, une page quasi parfaite, un “service” qui répond, une pression douce mais continue, puis une action simple, payer, saisir un code, installer un outil, valider une connexion.

Les chiffres donnent une idée du changement d’échelle. Aux États-Unis, le rapport annuel du FBI / IC3 recense 859 532 plaintes en 2024 et 16,6 milliards de dollars de pertes déclarées (un record).  C’est imparfait (tout n’est pas signalé), mais ça montre une réalité : l’arnaque en ligne est devenue une économie.

En Europe, Europol souligne aussi une tendance structurante : l’usage de l’IA (y compris clonage vocal et deepfakes vidéo) pour amplifier l’ingénierie sociale et rendre l’usurpation plus crédible.

Reconnaître un scam : derrière “le scammer”, une industrie (parfois coercitive)

Le fantasme du scammer isolé existe encore, mais une partie croissante du marché fonctionne comme une chaîne de production : acquisition (SMS, pubs, messages privés), conversation (rassurer, relancer), “closing” (faire payer), puis encaissement/blanchiment. Dans les dossiers les plus lourds, cette organisation s’appuie sur des infrastructures dédiées, parfois appelées scam centres ou compounds, et sur des réseaux transnationaux.

Le point le plus dérangeant, et le plus mal connu : tout le monde dans la boucle n’est pas volontaire. INTERPOL décrit une mondialisation de ces centres alimentée par la traite d’êtres humains, avec des victimes recrutées sous de faux prétextes d’emploi, puis exploitées.

En mars 2025, INTERPOL indique que des victimes originaires de 66 pays ont été trafiquées vers des centres de scam.

Côté Nations unies, l’UNODC décrit un écosystème où des milliers de personnes peuvent être forcées à arnaquer, et estime que l’industrie génère des profits massifs ; des communications récentes évoquent près de 40 milliards de dollars de profits annuels liés aux scam centres en Asie du Sud-Est.
Traduction pour le lecteur : un scam “bien fait” n’est pas forcément l’œuvre d’un amateur talentueux. C’est parfois le produit d’une organisation qui teste, optimise et répète.

Reconnaître un scam : les 15 signaux d’alerte qui reviennent dans les cas réels

1) L’urgence “artificielle” arrive avant la preuve

Un scam efficace commence souvent par un ultimatum : “dernier rappel”, “compte suspendu”, “colis bloqué”. Le but est de vous faire agir avant vérification. Le ministère de l’Intérieur rappelle que ces escroqueries visent à extorquer informations et argent, et qu’un cybercriminel peut toucher des milliers de personnes par jour.

2) Le canal ne colle pas à l’enjeu

Une banque, une administration ou un service “critique” qui règle un problème grave via SMS + lien : c’est souvent une incohérence volontaire. Les fiches publiques de prévention insistent sur ces scénarios d’imitation.

3) L’usurpation est propre, parfois très propre

Logo parfait, ton maîtrisé, signatures crédibles. La qualité n’est plus un indicateur fiable : c’est justement ce qui fait tomber des gens prudents.

4) Le lien est “presque” bon

Un tiret, une lettre en trop, un sous-domaine étrange : le scam vit dans le presque identique, parce que votre cerveau complète le reste.

5) On vous demande un code, un mot de passe, une validation

Dès qu’on vous demande un code SMS, une validation, des identifiants, ou un document sensible, le risque devient maximal. Les campagnes d’hameçonnage sont aussi parmi les plus fréquentes dans les statistiques IC3.

6) On vous fait “installer” quelque chose pour vous aider

Beaucoup d’arnaques passent par un faux support technique : “outil de sécurité”, “logiciel d’assistance”, “prise en main”. Une fois l’accès obtenu, tout peut basculer très vite.

7) Le paiement sort du circuit habituel

Crypto, cartes prépayées, virement vers un tiers, “frais de déblocage” : plus c’est difficile à annuler, plus c’est suspect. Sur l’IC3, la fraude à l’investissement (souvent liée à la crypto) concentre des pertes très élevées.

8) Le scénario est flou, mais l’action est limpide

Long texte confus, puis un bouton clair : payer, confirmer, récupérer. Le flou sert à vous faire chercher une sortie rapide.

9) On vous isole

“Ne prévenez personne”, “ne contactez pas votre banque”, “restez en ligne”. Un scam qui vous isole cherche à éviter le moment où quelqu’un dira : “stop, on vérifie”.

10) La pression devient émotionnelle

Peur, honte, menace, panique : chantage, “sextorsion”, “on a vos données”. Le ressort est presque toujours le même : vous empêcher de reprendre le contrôle.

11) Le scam devient multicanal

SMS puis appel, mail puis WhatsApp, DM puis “conseiller”. Les structures organisées enchaînent les canaux parce que ça augmente le taux de conversion.

12) La demande arrive “hors timing”

Vous n’attendiez pas de colis, pas de remboursement, pas de régularisation. Un bon réflexe journalistique : le contexte compte autant que le message.

13) La preuve sociale est suspecte

Avis génériques, comptes récents, commentaires copiés, photos trop parfaites. L’objectif est de vous offrir un “coussin de crédibilité”.

14) L’IA rend l’usurpation plus crédible

Europol explique que l’IA facilite la production de messages multilingues, l’imitation et de nouvelles formes de fraude à coût réduit, notamment via clonage vocal et deepfakes.

15) Le “détail qui cloche” revient toujours au même endroit

Pas forcément dans le texte : souvent dans l’URL, la demande d’action, ou la méthode de paiement. Quand quelque chose cloche, c’est rarement “rien”.

Reconnaître un scam : la règle des 90 secondes (celle qui évite 80% des pièges)

La règle est volontairement simple : ne cliquez pas depuis le message. Fermez, respirez, puis cherchez la même information par un autre chemin : application officielle, site tapé à la main, numéro officiel. Si c’est réel, vous le retrouverez sans passer par leur lien.

Ensuite, posez une seule question : “Qu’est-ce qu’on me demande, exactement ?” Si la réponse contient urgence + lien + action sensible (paiement, code, identifiants), vous avez déjà un diagnostic très solide.

Pour aller plus loin sur la façon dont le droit européen tente de répondre à ces nouveaux usages (dont ceux liés aux deepfakes), tu peux lire notre décryptage de l’IA Act en France : https://www.ctrlzed-media.fr/post/ia-act-comment-la-france-se-prepare-t-elle

Reconnaître un scam : que faire si vous avez cliqué, répondu ou payé

animation reflétant la manipulation, une main manoeuvre les geste d'une personne en dessous d'elle par des fils dans lesquels cette dernière est totalement prise

Si vous avez un doute après coup, l’objectif n’est pas de “se refaire le film”, mais de réduire le risque immédiatement. Commencez par préserver les preuves : captures d’écran, URL, échanges, coordonnées, référence de transaction.

Ensuite, sécurisez l’accès : changez les mots de passe concernés, activez la double authentification, révoquez les sessions.

Si de l’argent est en jeu, contactez votre banque tout de suite : c’est la seule façon de tenter un blocage, une contestation ou une surveillance renforcée. Puis, faites-vous orienter vers le bon canal officiel : 17Cyber propose un diagnostic et guide les victimes (service porté par Police/Gendarmerie et Cybermalveillance).

Pour certaines escroqueries en ligne, la démarche THESEE permet de signaler et déposer plainte en ligne.
Enfin, pour des contenus ou comportements illicites en ligne, PHAROS est le portail officiel de signalement.

Conclusion

Reconnaître un scam n’est pas une question de “flair”. C’est une discipline : stop, vérifier par un autre canal, puis agir. Et plus l’arnaque vous presse, plus vous devez ralentir : le scam a besoin de vitesse, pas de preuves.

Sources utiles (prévention) : MaSécurité (Ministère de l’Intérieur).

FAQ – Reconnaître un scam

Qu’est-ce que “reconnaître un scam” veut dire concrètement ?

Reconnaître un scam consiste à identifier une tentative de manipulation visant à obtenir argent, accès ou données via urgence, usurpation et pression. Concrètement, vous vérifiez toujours par un canal indépendant (application officielle, site tapé à la main). Si l’on vous demande un code, un paiement ou des identifiants, c’est un signal majeur.

Comment reconnaître un scam par SMS (smishing) ?

Pour reconnaître un scam par SMS, cherchez le triptyque urgence + lien + action (“colis”, “paiement”, “compte”). Ne cliquez pas : ouvrez plutôt l’appli officielle ou saisissez l’adresse vous-même. Les autorités rappellent que ces escroqueries servent à extorquer informations et argent, à grande échelle. Conservez le message pour preuve.

Comment reconnaître un scam sur WhatsApp/Instagram ?

Reconnaître un scam sur messagerie passe par l’analyse du compte : création récente, preuves sociales artificielles, demandes rapides de basculer sur un autre canal, et surtout demande d’argent ou d’informations. Les scénarios “multicanal” sont fréquents dans les fraudes organisées. Vérifiez l’identité via un contact officiel ou un autre moyen avant toute action.

Quelle différence entre scam et phishing ?

Le phishing est une catégorie de scam centrée sur le vol d’identifiants via une fausse page (banque, livraison, plateforme). Le scam est plus large : faux investissement, romance, faux support, chantage. Dans les données IC3, l’hameçonnage figure parmi les motifs les plus fréquents de plainte. La défense reste la même : vérifier hors-lien.

C’est quoi le “pig butchering” (arnaque à l’investissement) ?

Le pig butchering est un scam où l’escroc construit une relation, montre de faux gains, puis bloque les retraits en réclamant de nouveaux paiements (“frais”, “taxes”). Les pertes liées à la fraude à l’investissement sont particulièrement élevées dans les statistiques 2024 du FBI/IC3. Si l’on vous promet un rendement “garanti”, ralentissez et vérifiez les autorisations et la plateforme.

Comment reconnaître un scam de faux support technique ?

Reconnaître un scam de faux support, c’est repérer une alerte qui vous pousse à installer un outil ou à donner un accès (prise en main, “sécurisation”). Une fois l’accès accordé, l’attaquant peut voler des données ou provoquer des paiements. N’installez rien à la demande d’un inconnu : contactez le support via le site officiel, jamais via le lien fourni.

Les deepfakes rendent-ils les scams impossibles à détecter ?

Non, mais ils rendent l’usurpation plus crédible. Europol souligne que l’IA (clonage vocal, deepfakes) amplifie l’ingénierie sociale et facilite l’imitation. La bonne méthode reste valable : vérifier par un canal indépendant et refuser l’urgence. Même si la voix semble “vraie”, la demande (paiement, code, secret) reste un indicateur clé.

À quoi ressemblent les “scam centres” dont on parle dans la presse ?

Des enquêtes et rapports décrivent des structures organisées (compounds) où des équipes exécutent des scams à grande échelle, parfois avec traite et contrainte. INTERPOL indique que des victimes de 66 pays ont été trafiquées vers ces centres, et l’UNODC documente l’ampleur régionale et mondiale de l’écosystème. Cela n’implique pas que tous les exécutants soient volontaires.

Que faire si j’ai donné un code SMS ou un mot de passe ?

Si vous avez donné un code, supposez une compromission : changez immédiatement les mots de passe, activez la 2FA, révoquez les sessions et prévenez les services concernés (banque, mail, réseaux). Préservez les preuves. Pour être guidé, 17Cyber propose un diagnostic et une orientation officielle. Plus vous agissez vite, plus vous réduisez le risque.

Que faire si j’ai payé ?

Contactez votre banque sans délai et rassemblez les preuves (captures, URL, références, coordonnées). Selon le cas, vous pouvez signaler et déposer plainte via THESEE pour des escroqueries en ligne. Même si tout n’est pas récupérable, signaler augmente les chances de recoupement et d’enquête. Ne payez jamais une “deuxième fois” pour “débloquer” un retrait.

À qui signaler un scam en France ?

Vous pouvez passer par 17Cyber pour être orienté, utiliser THESEE pour certaines escroqueries en ligne, et PHAROS pour signaler des contenus ou comportements illicites. MaSécurité rappelle que ces escroqueries peuvent toucher des milliers de personnes par jour : signaler permet aussi de documenter et limiter la diffusion. Conservez toujours les éléments (URL, messages, comptes).

À qui signaler un scam en Belgique ?

Le SPF Économie centralise des conseils “Stop arnaques” pour reconnaître les tentatives et orienter les démarches si vous êtes victime. Conservez les preuves et privilégiez les canaux officiels pour vérifier l’information (banque, administration, plateformes). L’objectif est de réduire l’exposition et d’empêcher l’arnaque de se propager à d’autres victimes.

Reconnaître un scam : ce qui a changé (et pourquoi vous n’êtes pas “trop méfiant”)

Il y a dix ans, le scam “typique” ressemblait à un mail maladroit, parfois comique, souvent facile à repérer. Aujourd’hui, beaucoup d’arnaques ressemblent à des parcours clients : un SMS qui imite un transporteur, une page quasi parfaite, un “service” qui répond, une pression douce mais continue, puis une action simple, payer, saisir un code, installer un outil, valider une connexion.

Les chiffres donnent une idée du changement d’échelle. Aux États-Unis, le rapport annuel du FBI / IC3 recense 859 532 plaintes en 2024 et 16,6 milliards de dollars de pertes déclarées (un record).  C’est imparfait (tout n’est pas signalé), mais ça montre une réalité : l’arnaque en ligne est devenue une économie.

En Europe, Europol souligne aussi une tendance structurante : l’usage de l’IA (y compris clonage vocal et deepfakes vidéo) pour amplifier l’ingénierie sociale et rendre l’usurpation plus crédible.

Reconnaître un scam : derrière “le scammer”, une industrie (parfois coercitive)

Le fantasme du scammer isolé existe encore, mais une partie croissante du marché fonctionne comme une chaîne de production : acquisition (SMS, pubs, messages privés), conversation (rassurer, relancer), “closing” (faire payer), puis encaissement/blanchiment. Dans les dossiers les plus lourds, cette organisation s’appuie sur des infrastructures dédiées, parfois appelées scam centres ou compounds, et sur des réseaux transnationaux.

Le point le plus dérangeant, et le plus mal connu : tout le monde dans la boucle n’est pas volontaire. INTERPOL décrit une mondialisation de ces centres alimentée par la traite d’êtres humains, avec des victimes recrutées sous de faux prétextes d’emploi, puis exploitées.

En mars 2025, INTERPOL indique que des victimes originaires de 66 pays ont été trafiquées vers des centres de scam.

Côté Nations unies, l’UNODC décrit un écosystème où des milliers de personnes peuvent être forcées à arnaquer, et estime que l’industrie génère des profits massifs ; des communications récentes évoquent près de 40 milliards de dollars de profits annuels liés aux scam centres en Asie du Sud-Est.
Traduction pour le lecteur : un scam “bien fait” n’est pas forcément l’œuvre d’un amateur talentueux. C’est parfois le produit d’une organisation qui teste, optimise et répète.

Reconnaître un scam : les 15 signaux d’alerte qui reviennent dans les cas réels

1) L’urgence “artificielle” arrive avant la preuve

Un scam efficace commence souvent par un ultimatum : “dernier rappel”, “compte suspendu”, “colis bloqué”. Le but est de vous faire agir avant vérification. Le ministère de l’Intérieur rappelle que ces escroqueries visent à extorquer informations et argent, et qu’un cybercriminel peut toucher des milliers de personnes par jour.

2) Le canal ne colle pas à l’enjeu

Une banque, une administration ou un service “critique” qui règle un problème grave via SMS + lien : c’est souvent une incohérence volontaire. Les fiches publiques de prévention insistent sur ces scénarios d’imitation.

3) L’usurpation est propre, parfois très propre

Logo parfait, ton maîtrisé, signatures crédibles. La qualité n’est plus un indicateur fiable : c’est justement ce qui fait tomber des gens prudents.

4) Le lien est “presque” bon

Un tiret, une lettre en trop, un sous-domaine étrange : le scam vit dans le presque identique, parce que votre cerveau complète le reste.

5) On vous demande un code, un mot de passe, une validation

Dès qu’on vous demande un code SMS, une validation, des identifiants, ou un document sensible, le risque devient maximal. Les campagnes d’hameçonnage sont aussi parmi les plus fréquentes dans les statistiques IC3.

6) On vous fait “installer” quelque chose pour vous aider

Beaucoup d’arnaques passent par un faux support technique : “outil de sécurité”, “logiciel d’assistance”, “prise en main”. Une fois l’accès obtenu, tout peut basculer très vite.

7) Le paiement sort du circuit habituel

Crypto, cartes prépayées, virement vers un tiers, “frais de déblocage” : plus c’est difficile à annuler, plus c’est suspect. Sur l’IC3, la fraude à l’investissement (souvent liée à la crypto) concentre des pertes très élevées.

8) Le scénario est flou, mais l’action est limpide

Long texte confus, puis un bouton clair : payer, confirmer, récupérer. Le flou sert à vous faire chercher une sortie rapide.

9) On vous isole

“Ne prévenez personne”, “ne contactez pas votre banque”, “restez en ligne”. Un scam qui vous isole cherche à éviter le moment où quelqu’un dira : “stop, on vérifie”.

10) La pression devient émotionnelle

Peur, honte, menace, panique : chantage, “sextorsion”, “on a vos données”. Le ressort est presque toujours le même : vous empêcher de reprendre le contrôle.

11) Le scam devient multicanal

SMS puis appel, mail puis WhatsApp, DM puis “conseiller”. Les structures organisées enchaînent les canaux parce que ça augmente le taux de conversion.

12) La demande arrive “hors timing”

Vous n’attendiez pas de colis, pas de remboursement, pas de régularisation. Un bon réflexe journalistique : le contexte compte autant que le message.

13) La preuve sociale est suspecte

Avis génériques, comptes récents, commentaires copiés, photos trop parfaites. L’objectif est de vous offrir un “coussin de crédibilité”.

14) L’IA rend l’usurpation plus crédible

Europol explique que l’IA facilite la production de messages multilingues, l’imitation et de nouvelles formes de fraude à coût réduit, notamment via clonage vocal et deepfakes.

15) Le “détail qui cloche” revient toujours au même endroit

Pas forcément dans le texte : souvent dans l’URL, la demande d’action, ou la méthode de paiement. Quand quelque chose cloche, c’est rarement “rien”.

Reconnaître un scam : la règle des 90 secondes (celle qui évite 80% des pièges)

La règle est volontairement simple : ne cliquez pas depuis le message. Fermez, respirez, puis cherchez la même information par un autre chemin : application officielle, site tapé à la main, numéro officiel. Si c’est réel, vous le retrouverez sans passer par leur lien.

Ensuite, posez une seule question : “Qu’est-ce qu’on me demande, exactement ?” Si la réponse contient urgence + lien + action sensible (paiement, code, identifiants), vous avez déjà un diagnostic très solide.

Pour aller plus loin sur la façon dont le droit européen tente de répondre à ces nouveaux usages (dont ceux liés aux deepfakes), tu peux lire notre décryptage de l’IA Act en France : https://www.ctrlzed-media.fr/post/ia-act-comment-la-france-se-prepare-t-elle

Reconnaître un scam : que faire si vous avez cliqué, répondu ou payé

animation reflétant la manipulation, une main manoeuvre les geste d'une personne en dessous d'elle par des fils dans lesquels cette dernière est totalement prise

Si vous avez un doute après coup, l’objectif n’est pas de “se refaire le film”, mais de réduire le risque immédiatement. Commencez par préserver les preuves : captures d’écran, URL, échanges, coordonnées, référence de transaction.

Ensuite, sécurisez l’accès : changez les mots de passe concernés, activez la double authentification, révoquez les sessions.

Si de l’argent est en jeu, contactez votre banque tout de suite : c’est la seule façon de tenter un blocage, une contestation ou une surveillance renforcée. Puis, faites-vous orienter vers le bon canal officiel : 17Cyber propose un diagnostic et guide les victimes (service porté par Police/Gendarmerie et Cybermalveillance).

Pour certaines escroqueries en ligne, la démarche THESEE permet de signaler et déposer plainte en ligne.
Enfin, pour des contenus ou comportements illicites en ligne, PHAROS est le portail officiel de signalement.

Conclusion

Reconnaître un scam n’est pas une question de “flair”. C’est une discipline : stop, vérifier par un autre canal, puis agir. Et plus l’arnaque vous presse, plus vous devez ralentir : le scam a besoin de vitesse, pas de preuves.

Sources utiles (prévention) : MaSécurité (Ministère de l’Intérieur).

FAQ – Reconnaître un scam

Qu’est-ce que “reconnaître un scam” veut dire concrètement ?

Reconnaître un scam consiste à identifier une tentative de manipulation visant à obtenir argent, accès ou données via urgence, usurpation et pression. Concrètement, vous vérifiez toujours par un canal indépendant (application officielle, site tapé à la main). Si l’on vous demande un code, un paiement ou des identifiants, c’est un signal majeur.

Comment reconnaître un scam par SMS (smishing) ?

Pour reconnaître un scam par SMS, cherchez le triptyque urgence + lien + action (“colis”, “paiement”, “compte”). Ne cliquez pas : ouvrez plutôt l’appli officielle ou saisissez l’adresse vous-même. Les autorités rappellent que ces escroqueries servent à extorquer informations et argent, à grande échelle. Conservez le message pour preuve.

Comment reconnaître un scam sur WhatsApp/Instagram ?

Reconnaître un scam sur messagerie passe par l’analyse du compte : création récente, preuves sociales artificielles, demandes rapides de basculer sur un autre canal, et surtout demande d’argent ou d’informations. Les scénarios “multicanal” sont fréquents dans les fraudes organisées. Vérifiez l’identité via un contact officiel ou un autre moyen avant toute action.

Quelle différence entre scam et phishing ?

Le phishing est une catégorie de scam centrée sur le vol d’identifiants via une fausse page (banque, livraison, plateforme). Le scam est plus large : faux investissement, romance, faux support, chantage. Dans les données IC3, l’hameçonnage figure parmi les motifs les plus fréquents de plainte. La défense reste la même : vérifier hors-lien.

C’est quoi le “pig butchering” (arnaque à l’investissement) ?

Le pig butchering est un scam où l’escroc construit une relation, montre de faux gains, puis bloque les retraits en réclamant de nouveaux paiements (“frais”, “taxes”). Les pertes liées à la fraude à l’investissement sont particulièrement élevées dans les statistiques 2024 du FBI/IC3. Si l’on vous promet un rendement “garanti”, ralentissez et vérifiez les autorisations et la plateforme.

Comment reconnaître un scam de faux support technique ?

Reconnaître un scam de faux support, c’est repérer une alerte qui vous pousse à installer un outil ou à donner un accès (prise en main, “sécurisation”). Une fois l’accès accordé, l’attaquant peut voler des données ou provoquer des paiements. N’installez rien à la demande d’un inconnu : contactez le support via le site officiel, jamais via le lien fourni.

Les deepfakes rendent-ils les scams impossibles à détecter ?

Non, mais ils rendent l’usurpation plus crédible. Europol souligne que l’IA (clonage vocal, deepfakes) amplifie l’ingénierie sociale et facilite l’imitation. La bonne méthode reste valable : vérifier par un canal indépendant et refuser l’urgence. Même si la voix semble “vraie”, la demande (paiement, code, secret) reste un indicateur clé.

À quoi ressemblent les “scam centres” dont on parle dans la presse ?

Des enquêtes et rapports décrivent des structures organisées (compounds) où des équipes exécutent des scams à grande échelle, parfois avec traite et contrainte. INTERPOL indique que des victimes de 66 pays ont été trafiquées vers ces centres, et l’UNODC documente l’ampleur régionale et mondiale de l’écosystème. Cela n’implique pas que tous les exécutants soient volontaires.

Que faire si j’ai donné un code SMS ou un mot de passe ?

Si vous avez donné un code, supposez une compromission : changez immédiatement les mots de passe, activez la 2FA, révoquez les sessions et prévenez les services concernés (banque, mail, réseaux). Préservez les preuves. Pour être guidé, 17Cyber propose un diagnostic et une orientation officielle. Plus vous agissez vite, plus vous réduisez le risque.

Que faire si j’ai payé ?

Contactez votre banque sans délai et rassemblez les preuves (captures, URL, références, coordonnées). Selon le cas, vous pouvez signaler et déposer plainte via THESEE pour des escroqueries en ligne. Même si tout n’est pas récupérable, signaler augmente les chances de recoupement et d’enquête. Ne payez jamais une “deuxième fois” pour “débloquer” un retrait.

À qui signaler un scam en France ?

Vous pouvez passer par 17Cyber pour être orienté, utiliser THESEE pour certaines escroqueries en ligne, et PHAROS pour signaler des contenus ou comportements illicites. MaSécurité rappelle que ces escroqueries peuvent toucher des milliers de personnes par jour : signaler permet aussi de documenter et limiter la diffusion. Conservez toujours les éléments (URL, messages, comptes).

À qui signaler un scam en Belgique ?

Le SPF Économie centralise des conseils “Stop arnaques” pour reconnaître les tentatives et orienter les démarches si vous êtes victime. Conservez les preuves et privilégiez les canaux officiels pour vérifier l’information (banque, administration, plateformes). L’objectif est de réduire l’exposition et d’empêcher l’arnaque de se propager à d’autres victimes.